Par Denise Kyalwahi
Au cours de son exposé sur la diplomatie de l’eau, la paix et la coopération climatique, Mme Hayat a insisté sur la nécessité d’impliquer davantage les jeunes dans les initiatives du bassin du Nil. Elle a notamment souligné qu’ils doivent comprendre les enjeux de cette coopération et aider le Nile Basin Development (NBD) à recueillir les voix des communautés.

Cette participation permettrait de mieux intégrer les préoccupations des populations locales dans les discussions et les décisions concernant les ressources en eau partagées.
La diplomatie de l’eau au service de la paix
La diplomatie de l’eau désigne l’utilisation du dialogue, de la négociation, de la coopération et des données scientifiques pour prévenir ou résoudre les différends liés aux ressources hydriques. Dans le bassin du Nil, elle concerne notamment la gestion des rivières partagées, les risques d’inondation et de sécheresse, la pollution et les effets du changement climatique.

Selon les idées développées durant la présentation, cette coopération ne doit pas rester l’apanage des gouvernements. Les jeunes, les chercheurs, les médias et les organisations de la société civile ont également un rôle à jouer dans la prévention des tensions et la recherche de solutions communes.


La coopération transfrontalière nécessite notamment le partage d’informations, la planification conjointe, la confiance entre les acteurs et la prise en compte des intérêts des communautés situées en amont comme en aval des cours d’eau.
Des propositions concrètes issues des groupes de travail

Après l’exposé, les jeunes participants ont été répartis en différents groupes de travail pour examiner des questions de réflexion sur leur contribution à la diplomatie de l’eau. Les échanges ont débouché sur plusieurs propositions destinées à renforcer leur inclusion dans les initiatives de coopération du bassin du Nil.
Parmi les pistes avancées figurent le renforcement des capacités des jeunes à mener des actions de plaidoyer et à participer aux négociations, ainsi que la conception collective de projets répondant aux défis communs des communautés.
Les participants ont également proposé de développer des formations pour mieux outiller les jeunes sur les questions de coopération transfrontalière et de gestion durable des ressources hydriques.
L’organisation de dialogues et de discussions entre les jeunes, les communautés et les autres acteurs constitue une autre piste évoquée. Ces espaces permettraient d’identifier les difficultés qui divisent les populations, de mieux comprendre les sources de méfiance et de rechercher des solutions favorisant la confiance et la collaboration.
Ces propositions mettent en avant une approche dans laquelle les jeunes ne sont pas seulement des bénéficiaires des programmes, mais aussi des acteurs capables de contribuer à leur conception, à leur mise en œuvre et à leur suivi.
Faire remonter les préoccupations des communautés
La collecte et la transmission des préoccupations communautaires représentent un autre axe important de leur engagement. Les jeunes, grâce à leur proximité avec les populations, peuvent contribuer à documenter les difficultés rencontrées sur le terrain et à partager les expériences locales avec les acteurs de la coopération régionale.
Cette contribution est particulièrement importante lorsque les décisions relatives aux infrastructures hydrauliques ou au partage de l’eau suscitent des inquiétudes entre les populations situées dans différents pays du bassin.
En favorisant la circulation d’informations fiables et les échanges entre les communautés, les jeunes peuvent contribuer à réduire les incompréhensions et à rapprocher les points de vue.
Une jeunesse actrice d’un Nil pacifique et résilient
La présentation a rappelé que les défis liés à l’eau dépassent les frontières nationales et nécessitent des réponses collectives. La baisse des précipitations, la diminution des débits, les inondations, la sécheresse et la pollution peuvent affecter plusieurs communautés à la fois, renforçant la nécessité d’une coopération durable.
Pour les jeunes de la Regional Nile Youth Platform, l’enjeu est donc de transformer leur participation en actions concrètes : plaidoyer, négociation, projets collectifs, formations et dialogues communautaires.
L’objectif est de faire de la jeunesse une force de rapprochement entre les populations et les pays riverains du Nil, tout en veillant à ce que les décisions sur l’eau tiennent compte des réalités vécues par les communautés.
À travers le message « Un Nil, une voix de la jeunesse », les participants sont ainsi invités à promouvoir une coopération fondée sur la confiance, l’inclusion et la recherche de bénéfices partagés pour un bassin du Nil plus pacifique et résilient face au changement climatique.
