Par Denise Kyalwahi
Face aux inquiétudes exprimées par les communautés locales et les organisations de la société civile concernant leurs droits, leur participation aux décisions et la transparence dans la gestion du Couloir vert Kivu-Kinshasa, l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) apporte des précisions sur les dispositions prévues pour leur implication dans cette initiative.

Dans une réponse transmise à la rédaction, Méthode Uhoze, directeur des relations extérieures du Parc national des Virunga (PNVi), apporte des éclaircissements sur les engagements annoncés autour de la participation communautaire. Il affirme que le projet repose sur une approche participative qui considère les communautés locales comme des acteurs à part entière de sa mise en œuvre. L’institution entend également associer les autorités coutumières et les organisations de la société civile à l’identification des priorités, à la planification des interventions et au suivi des activités.
Cette participation devrait notamment passer par des mécanismes de consultation et de concertation adaptés aux réalités locales.
Le consentement libre, informé et préalable comme principe
Parmi les principales préoccupations soulevées figure le respect du consentement libre, informé et préalable (CLIP), notamment pour les interventions susceptibles d’affecter les droits et les moyens de subsistance des populations.
Sur ce point, Méthode Uhoze considère le CLIP comme un principe fondamental. Il précise que des démarches d’engagement communautaire sont progressivement engagées dans les zones prioritaires d’intervention.
Ces démarches visent à garantir aux populations une information transparente, une participation sans contrainte ainsi que la liberté de délibérer et de se prononcer sur les projets concernés.
« Le CLIP n’est donc pas une simple formalité administrative, mais un processus qui doit précéder les interventions nécessitant ce consentement », souligne-t-il.
L’accès aux documents et à l’information
La transparence constitue également un enjeu important dans la mise en œuvre du Couloir vert. Alors que des préoccupations sont exprimées sur l’accessibilité des documents officiels et des informations relatives à la gouvernance du projet, Méthode Uhoze reconnaît la nécessité de rendre ces éléments accessibles aux populations.
Il indique que le Couloir vert dispose d’un cadre juridique national définissant son existence et ses orientations générales. Il estime toutefois que les informations relatives à sa gouvernance, aux droits des communautés et aux engagements des gestionnaires doivent être davantage accessibles.
Pour faciliter leur compréhension, il évoque plusieurs moyens de communication, notamment les réunions communautaires, les supports simplifiés et l’utilisation des langues locales.
Plaintes et conflits fonciers : les mécanismes annoncés
La protection des droits des communautés, la prévention des conflits fonciers et la gestion des impacts environnementaux figurent également parmi les priorités annoncées.
Selon Méthode Uhoze, des mécanismes accessibles de réception et de traitement des plaintes doivent permettre aux populations de signaler les difficultés rencontrées et d’obtenir des réponses appropriées.
Concernant les activités minières, pétrolières et forestières présentes dans les territoires concernés, il rappelle que le Couloir vert couvre des espaces soumis à différents régimes juridiques.
Sa création n’entraîne donc pas automatiquement l’annulation des concessions légalement établies. Toutefois, précise-t-il, toute activité doit se conformer à la législation nationale ainsi qu’aux exigences environnementales et sociales applicables.
Des engagements dont l’application sera déterminante
À travers ces explications, Méthode Uhoze présente le Couloir vert Kivu-Kinshasa comme une initiative visant à concilier la conservation de la biodiversité, le développement économique durable et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Il estime que la réussite du projet dépendra du respect des droits des communautés, de leur participation effective et de l’établissement d’un dialogue permanent et transparent avec toutes les parties prenantes.
Reste que la concrétisation de ces engagements sera déterminante pour les populations concernées. L’effectivité du consentement libre, informé et préalable, l’accès réel aux documents, le fonctionnement des mécanismes de gestion des plaintes et la participation des communautés aux décisions constitueront des éléments essentiels pour apprécier la mise en œuvre de l’approche participative annoncée.
