
Par Denise KAVIRA KYALWAHI, Nairobi
La Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), Inger Andersen, a ouvert les travaux de la septième Assemblée des Nations Unies pour l’Environnement (UNEA-7) à Nairobi avec un appel fort à l’unité, à la solidarité internationale et à l’action urgente pour restaurer la santé de la planète.
S’adressant aux chefs d’État, ministres, représentants d’organisations internationales et membres de la société civile, elle a réaffirmé que l’avenir des nations dépend de leur capacité à protéger l’environnement, le qualifiant de « fondement de la paix, de la prospérité, de la croissance économique et de la stabilité ».
Une reconnaissance au Kenya, hôte historique du PNUE
Inger Andersen a ouvert son discours en exprimant une profonde gratitude au Kenya, qui accueille le PNUE depuis plus d’un demi-siècle.
« Bienvenue au Kenya, ce magnifique pays qui accueille le PNUE depuis 53 ans. Ma profonde gratitude au peuple kényan, à vous Président Ruto, et au gouvernement du Kenya pour un soutien indéfectible. »
Elle a salué Nairobi comme « la capitale mondiale de l’environnement », remerciant les donateurs, partenaires et délégations venus dans un esprit de coopération.
UNEA-7 est un moment décisif pour construire un avenir durable. L’Inger Andersen a rappelé que cette septième session vise à renforcer un héritage de décisions environnementales ambitieuses, non pour la forme mais « pour conduire un avenir durable et fournir des solutions désormais indispensables à la résilience de la planète ».

Ces solutions, dit-elle, sont cruciales pour toutes les sociétés :
« Chaque État, chaque ville, chaque entreprise et chaque individu bénéficient d’un climat stable, d’une biodiversité florissante, de terres saines et d’un monde sans pollution. L’environnement n’est pas un supplément au développement ; c’est son socle. »
« Lorsque nous sapons ce fondement, nous minons notre propre avenir, nos économies et nos sociétés. » insiste-t-elle.
L’humanité, l’économie, le finance ont des liens indissociables avec la santé de la planète
Les dialogues de haut niveau de l’UNEA-7 mettent en lumière une vérité essentielle :
« La santé humaine et la santé planétaire sont indissociables. La santé économique et la santé planétaire sont indissociables. La stabilité du système financier et la santé de la planète sont indissociables. »
Une économie qui détruit la nature, rappelle-t-elle, « finit par éroder son propre bilan ».
Selon elle le rapport “Global Environment Outlook” est un nouvel avertissement mondial.
Le dernier rapport du PNUE, publié quelques jours plus tôt, dresse un tableau sans équivoque :
« Les défis environnementaux coûtent des millions de vies et des trillions de dollars chaque année. Si le monde persiste dans la voie des énergies fossiles, de l’extraction de ressources vierges, de la destruction de la nature et de la pollution, les dommages s’aggraveront : ils réduiront le PIB mondial, aggraveront les inégalités et épuiseront les ressources naturelles qui soutiennent les économies. »

Mais elle souligne qu’une autre trajectoire demeure possible :
« Si nous investissons dans un climat stable, une nature saine, des terres fertiles et un monde sans pollution, nous pouvons générer des gains économiques significatifs, éviter des millions de décès prématurés, sortir des millions de personnes de la pauvreté et offrir plus d’équité et de justice climatique. »
Renforcer l’action environnementale, dit-elle,
« n’est pas une cause à différer : c’est une stratégie de croissance et un impératif de justice ».
L’UNEA-7 réunit une diversité d’acteurs rarement égalée : secteur privé, jeunes, peuples autochtones, scientifiques, ONG, autorités locales, travailleurs et syndicats.
« Aucun gouvernement ne peut affronter seul ces crises. La réponse doit être partagée entre les secteurs, les frontières, les sociétés et les bilans financiers mondiaux. »
Elle a également salué la présence des présidents des Accords Multilatéraux sur l’Environnement (AME), réunis pour renforcer leur coopération :
« C’est le multilatéralisme à son meilleur. Complexe parfois, mais indispensable. »
Des avancées concrètes déjà enregistrées à l’UNEA-7
Plusieurs résolutions clés sont en cours d’examen, notamment : la sauvegarde des récifs coralliens, la gestion durable des minéraux et métaux, le lancement du nouveau Groupe spécial des Nations Unies sur les minéraux critiques de la transition énergétique, les solutions durables dans le sport, la lutte contre les proliférations d’algues sargasses.
Elle a rappelé l’importance des succès passés : du Protocole de Montréal, qui a permis de réparer la couche d’ozone, aux négociations en cours sur l’accord mondial contre la pollution plastique.

Un message de lucidité et d’espoir
Malgré les tensions géopolitiques et l’intensification des crises climatiques, Inger Andersen a appelé à garder confiance :
« Fixons nos yeux au-delà de la tempête, vers un horizon où nous pouvons garantir un climat stable, un environnement propre et durable, et un monde sans pollution, au bénéfice de chaque nation, de chaque personne et de chaque enfant à naître. »
Toutefois elle a insisté sur l’urgence : « Le chemin ne sera ni facile ni court. Chaque année où nous repoussons des décisions ambitieuses guidées par la science, le coût de l’inaction augmente, la catastrophe humaine grandit et l’espace des solutions se réduit. »
Cependant la Directrice exécutive a conclu son allocution en appelant les États à envoyer les signaux que le monde attend :
« Le monde attend de cette Assemblée des signaux de détermination et de solidarité. Il attend que vous protégiez les plus vulnérables, que vous aligniez vos paroles sur vos actions. »
Et elle a lancé un message qui résonne comme un mot d’ordre :
« Que l’histoire retienne que, ici, nous avons choisi d’agir à l’échelle que ces crises exigent. »
