
La septième session de l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (UNEA-7) s’est ouverte aujourd’hui 08 Décembre à Nairobi, réunissant une diversité sans précédent d’acteurs mondiaux : ministres de l’Environnement, organisations intergouvernementales, agences onusiennes, société civile, jeunes délégués, scientifiques et leaders du secteur privé. Leur mission commune : faire avancer des solutions multilatérales pour une planète résiliente, alors que les pressions environnementales s’intensifient partout dans le monde.
Avec ses 193 États membres, l’UNEA demeure le plus haut organe décisionnel mondial en matière d’environnement. Tous les deux ans, elle fixe les grandes orientations de la gouvernance environnementale mondiale et guide le travail du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dont le siège se trouve à Nairobi.
Un moment décisif pour l’action environnementale mondiale
Dans son discours d’ouverture, S.E. Abdullah Bin Ali Al-Amri, Président de l’UNEA-7 et chef de l’Autorité de l’environnement du Sultanat d’Oman, a insisté sur la responsabilité collective qui incombe aux nations en ce moment crucial.
« Aujourd’hui, nous réaffirmons notre responsabilité commune : transformer notre détermination en résultats concrets pour les populations, les écosystèmes et la stabilité de notre planète. »
Il a alerté sur l’accélération des crises — changement climatique, perte de biodiversité, dégradation des terres, pollution — qui érodent non seulement les économies, mais aussi la confiance entre les nations.
« Notre succès dépendra non seulement des résultats que nous adopterons, mais aussi de la manière dont nous y parviendrons : transparence, compromis et inclusivité. »

15 projets de résolutions en négociation – avec des implications majeures pour l’Afrique
Les délégués négocient 15 projets de résolutions portant sur des menaces mondiales émergentes, notamment :
la disparition rapide des glaciers,
la propagation massive des algues sargasses,
l’empreinte environnementale de l’intelligence artificielle.
Bien que non contraignantes, les résolutions de l’UNEA ont souvent ouvert la voie à des accords internationaux historiques — et pour l’Afrique, ces négociations revêtent une importance particulière.
Pour la République démocratique du Congo (RDC) et l’Afrique centrale, plusieurs textes touchent directement aux priorités régionales : protection des forêts du Bassin du Congo, gestion de la dégradation des terres dans les zones en conflit, réponse aux catastrophes climatiques telles que les inondations, les sécheresses et la pénurie d’eau.
Une crise écologique qui s’aggrave, alerte le La
Directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen, a lancé un avertissement sévère :« Les températures mondiales dépasseront probablement 1,5 °C dans la prochaine décennie, et chaque fraction de degré supplémentaire entraîne des conséquences croissantes. »Elle a souligné l’accélération de la perte des écosystèmes, l’intensification des tempêtes de poussière et la persistance de la pollution de l’air, de l’eau et des sols.« En ces temps géopolitiquement turbulents, notre détermination collective est plus cruciale que jamais. »Une réalité déjà vécue en RDC et en Afrique centrale. La RDC et ses voisins subissent déjà ces conséquences : inondations répétées à Kinshasa, Lubumbashi, Bukavu et Kisangani, sécheresses aggravées dans le Haut-Katanga et le Tanganyika, la dégradation des terres agricoles due à la déforestation et aux conflits, augmentation des maladies hydriques et pollution des grands fleuves, menace croissante sur la forêt du Bassin du Congo, deuxième plus grand puits de carbone au monde.
Pour les communautés d’Afrique centrale, l’avertissement du PNUE n’a rien de théorique, il décrit une lutte quotidienne pour la survie.Les jeunes en première ligne : un mouvement mondial qui interpelle la jeunesse congolaise
L’UNEA-7 a été précédée par la Youth Environment Assembly, qui a rassemblé plus de 1 000 jeunes délégués de tous les continents. Ils ont publié une Déclaration mondiale de la jeunesse, appelant à plus de justice climatique, de transparence et de gouvernance inclusive.Les
jeunes activistes de la RDC et de l’Afrique centrale jouent un rôle croissant dans les débats climatiques mondiaux, défendant notamment :la protection des forêts du Bassin du Congo,l’éducation climatique des communautés,l’arrêt de l’écocide,une plus grande responsabilité des industries extractives,des solutions aux déplacements liés au changement climatique et aux conflits armés.
L’UNEA-7 leur offre une plateforme essentielle pour amplifier leurs revendications.Un agenda de haut niveau, crucial pour l’AfriqueTout au long de la semaine, les sessions de haut niveau analyseront comment la durabilité environnementale s’articule avec trois secteurs clés :l’industrie mondiale,la finance et la mobilisation des ressources,la santé publique.
Le PNUE lancera également : le GEO-7, la plus vaste évaluation environnementale scientifique mondiale,les Champions de la Terre 2025, récompensant l’innovation et le leadership en matière environnementale.
Ces travaux influenceront les décisions à long terme sur le continent, où la finance durable, l’industrialisation verte et la résilience sanitaire sont des priorités majeures.

Le Kenya appelle à des partenariats mondiaux renforcés, lance un message qui résonne en Afrique centrale.
La Ministre kényane de l’Environnement, du Changement climatique et des Forêts, Dr. Deborah Mlongo Barasa, a souligné l’urgence d’une action collective :
« Une planète résiliente signifie des sociétés inclusives, une économie qui respecte les limites de la nature et une gestion durable des ressources. Le partenariat n’est plus une option — il est essentiel. »
Cet appel résonne fortement en RDC et en Afrique centrale, où gouvernements, communautés locales, journalistes, scientifiques et organisations civiles cherchent à renforcer les collaborations pour : protéger le Bassin du Congo, prévenir les conflits environnementaux, mettre fin à l’écocide, soutenir l’adaptation climatique locale, renforcer les systèmes d’alerte précoce, garantir un accès équitable au financement climatique.
Une participation record sous le thème : “Promouvoir des solutions durables pour une planète résiliente”
L’UNEA-7 rassemble plus de 6 000 participants provenant de 180 pays, dont 79 ministres et 35 vice-ministres.
Pour la RDC et l’Afrique centrale, cette assemblée représente une opportunité déterminante : promouvoir la reconnaissance du rôle écologique mondial de la région, défendre un financement équitable pour l’adaptation et la conservation forestière, mettre en lumière les réalités des communautés touchées par les crises environnementales, et garantir que les voix africaines influencent les décisions qui définiront l’avenir de la planète.
