
Par Denise Kyalwahi
Au cœur du Bassin du Congo, le deuxième plus grand massif forestier tropical du monde, la forêt respire encore grâce à ceux qui la connaissent le mieux : les communautés locales et les peuples autochtones. Ces forêts ne sont pas seulement des poumons verts pour la planète ; elles fournissent de l’eau, de la nourriture et les moyens de subsistance à des millions de personnes.
Aujourd’hui, elles deviennent le centre d’une initiative ambitieuse, selon John Tolly organisateur de la campagne « Bassin du Congo, Notre Héritage, notre Avenir » (#BassinduCongoHeritageAvenir).
Protéger un trésor en danger
Pour les habitants de la République Démocratique du Congo et pays transfrontaliers du bassin, cette forêt est un héritage vivant. Mais la déforestation, l’exploitation non réglementée et les projets fossiles menacent son équilibre.
La campagne vise à protéger, conserver, valoriser et transmettre ce patrimoine naturel, culturel et humain, tout en impliquant directement ceux qui vivent de et avec la forêt.
« Nous voulons que chaque arbre, chaque tourbière et chaque savoir traditionnel soit préservé pour les générations futures », explique John Tolly représentant de la campagne.

La campagne est hybride, combinant interventions sur le terrain et activités en ligne, et démarre en RD Congo avec l’ambition de s’étendre aux autres pays membres du Bassin du Congo. Sa durée reste indéterminée, car tant que la forêt existera, la campagne continuera.
Pour John Tolly la campagne poursuit certains objectifs concrets pour l’année 2027 permettant de mesurer ses impacts, avec les indicateurs comme : « Réduire de 10 % la déforestation, la pollution et la dégradation des ressources naturelles. Mettre sous protection 30 % des tourbières critiques.Former 70 % des femmes et des jeunes à la conservation des tourbières et à REDD+, augmenter de 20 % les revenus des ménages grâce à l’économie verte (agroforesterie, écotourisme, énergies renouvelables), documenter et faire du plaidoyer sur 70 % des conflits fonciers, abandonner 10 % des nouveaux projets fossiles et ne pas renouveler 30 % des licences existantes ».
Ces objectifs traduisent une approche globale, où protection de l’environnement et développement local vont de pair.
Sur le terrain, la campagne soutient des ateliers de formation, des programmes d’agroforesterie et de gestion communautaire des ressources naturelles. En parallèle, elle mobilise le public via les réseaux sociaux, les plateformes de sensibilisation et les campagnes de plaidoyer.
Cette combinaison permet de donner une voix aux communautés locales, de renforcer leurs droits et de partager leur expertise avec le monde entier.
Une forêt, un avenir
Pour les habitants du Bassin du Congo, protéger la forêt n’est pas seulement une question environnementale : c’est une question de survie et de dignité.
« Tant que la forêt vit, nous vivons », résume un chef de communauté.
Avec #BassinduCongoHeritageAvenir, le Bassin du Congo devient ainsi un symbole de résilience, un patrimoine à transmettre et un levier pour un avenir durable.
