RDC : après l’attaque meurtrière au Parc national d’Upemba, l’ACEDH exige des enquêtes et un procès pour les responsables

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L’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) a exprimé sa vive indignation après l’attaque armée qui a visé le quartier général du Parc national d’Upemba, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, au cours de la nuit du 3 mars 2026. L’organisation appelle les autorités congolaises à ouvrir des enquêtes urgentes et à traduire les responsables en justice afin de mettre un terme à l’impunité entourant les crimes commis contre les acteurs de la conservation.

Dans une note de plaidoyer, le coordonnateur de l’ACEDH, Olivier Ndoole, condamne fermement les assassinats et attaques répétées visant les écogardes et autres agents engagés dans la protection de la biodiversité. Il demande que toute la lumière soit faite sur ces faits et que des mesures concrètes soient prises pour garantir la sécurité des défenseurs de l’environnement.

Un lourd bilan humain

Selon l’organisation, l’attaque a causé la mort d’au moins sept membres du personnel du parc, tandis que plusieurs autres personnes restent portées disparues. Les assaillants, dont l’identité n’est pas encore connue, auraient également pillé du matériel appartenant à l’administration du parc.

Parmi les victimes figurent notamment Subira Bonhomme, chargé de programme, Blaise Kambale Bwachanakazi, agent financier, Ngoy Mateta Jean Paul, responsable administratif et officier de police judiciaire au secteur nord, la vétérinaire Dr Ruth Osodu, ainsi que Samuel, motard attaché au parc. Deux écogardes, Tchimanga Shambuyi Jean Claude et Kilolo Beya Benjamin, ont également été tués lors de cette attaque.

Pour l’ACEDH, ces hommes et ces femmes représentaient « des héros de la conservation », engagés dans la protection de la biodiversité et des ressources naturelles à travers la surveillance des aires protégées, l’application de la loi et les activités d’éducation environnementale.

L’organisation souligne que cet événement dramatique illustre le niveau élevé de danger auquel sont confrontés les défenseurs de l’environnement en RDC. Malgré l’importance stratégique des ressources naturelles et des forêts congolaises dans la lutte mondiale contre le changement climatique, les acteurs chargés de leur protection continuent d’exercer leurs fonctions dans des conditions extrêmement précaires.

L’ACEDH rappelle que, ces vingt dernières années, plus de 200 agents de conservation ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions dans différentes aires protégées du pays, notamment dans le Parc national des Virunga, le Parc national de Kahuzi-Biega ou encore la Réserve de faune à okapis. Selon l’organisation, la plupart de ces crimes n’ont jamais donné lieu à des enquêtes approfondies ni à des procès.

Un appel à mettre fin à l’impunité

Pour l’ACEDH, cette attaque constitue une violation grave du droit à la vie et à la sécurité des personnes, mais aussi une menace directe contre les efforts visant à faire de la RDC un acteur majeur de la lutte contre le changement climatique.

L’organisation estime que ces actes contreviennent non seulement à la loi congolaise sur la conservation de la nature et au Code pénal militaire, mais également aux engagements internationaux du pays, notamment le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Face à la gravité de la situation, l’ACEDH appelle les autorités judiciaires et sécuritaires à prendre des mesures urgentes. Elle recommande notamment l’ouverture d’enquêtes indépendantes et transparentes afin d’identifier et d’arrêter les auteurs de cette attaque.

L’organisation plaide également pour la tenue d’un procès public et équitable, le renforcement de la sécurité des agents travaillant dans les aires protégées ainsi que l’intégration de nouvelles technologies dans les dispositifs de surveillance des parcs.

Elle demande en outre l’application effective du décret instituant le Corps de protection des parcs nationaux, estimant qu’une réponse judiciaire rapide et crédible constitue une condition essentielle pour protéger durablement les défenseurs de la biodiversité en RDC.

Pour l’ACEDH, seule une mobilisation forte des autorités permettra d’éviter que de tels drames continuent de se répéter dans les aires protégées du pays.

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