RDC : « Le talent numérique peut devenir une richesse plus durable que les mines », Entretien avec Thierno Amar Niang

0 0
Read Time:4 Minute, 34 Second
Photo tiers

Par Denise Kyalwahi

Dans un contexte où la République Démocratique du Congo cherche à diversifier son économie, le numérique apparaît comme une opportunité majeure pour la jeunesse. À travers cet entretien accordé à NATURELCD, Thierno Amar Niang, Chief Growth Officer Afrique Francophone chez Gebeya, partage sa vision d’une Afrique portée par son capital humain et les technologies émergentes.

NATURELCD : Bonjour, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Thierno Amar Niang :

Bonjour, je m’appelle Thierno Amar Niang et je suis Chief Growth Officer, Afrique Francophone chez Gebeya. J’évolue dans le secteur technologique depuis plus d’une décennie, avec une mission très claire : faire de l’Afrique un acteur majeur de l’économie numérique mondiale en valorisant son capital humain.

Avec Gebeya, nous développons une infrastructure basée sur l’intelligence artificielle qui permet aux freelances, aux créateurs et aux entrepreneurs africains de devenir de véritables entreprises. Grâce à nos agents d’IA, ils peuvent structurer leurs activités, automatiser leurs opérations et accéder à des marchés internationaux de manière compétitive.

NATURELCD : Beaucoup de Congolais connaissent la richesse minière du pays. Comment le talent numérique peut-il devenir une véritable source de richesse pour la RDC ?

Thierno Amar Niang :

Le talent numérique a un avantage fondamental : il est illimité et renouvelable.

Contrairement aux ressources minières, qui s’épuisent et dépendent des fluctuations des prix, le capital humain peut croître de manière exponentielle. Chaque développeur, designer ou créateur de contenu peut générer de la valeur en continu, sans dépendre d’une ressource physique.

Si cet écosystème est bien structuré, avec les bonnes compétences, les bons outils et un accès aux marchés, le talent numérique peut devenir une source majeure de devises pour la RDC. Des milliers de freelances peuvent travailler pour des clients internationaux, générer des revenus en devises et réinjecter cette richesse dans l’économie locale.

C’est une transformation profonde : passer d’une économie d’extraction à une économie de création.

NATURELCD : Quelles compétences numériques les jeunes Congolais doivent-ils développer pour réussir sur le marché mondial du freelancing ?

Thierno Amar Niang :

Il y a deux niveaux de compétences essentiels.

D’abord, les compétences techniques : développement web et mobile, design UX/UI, data, intelligence artificielle ou encore création de contenu digital. Ce sont des compétences directement monétisables à l’échelle mondiale.

Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi développer des compétences professionnelles : savoir communiquer avec un client, structurer une offre, gérer un projet, respecter des délais et maintenir une qualité constante.

Aujourd’hui, les freelances les plus performants sont de véritables entrepreneurs individuels. C’est exactement ce que nous développons chez Gebeya, en combinant expertise technique, discipline opérationnelle et outils d’intelligence artificielle.

NATURELCD : En quoi l’intelligence artificielle et le travail à distance peuvent-ils transformer les perspectives d’emploi pour la jeunesse congolaise ?

Thierno Amar Niang :

L’intelligence artificielle et le travail à distance redéfinissent complètement la notion d’emploi.

Un jeune à Kinshasa n’a plus besoin d’attendre qu’une entreprise locale crée un poste. Il peut désormais accéder directement à des opportunités globales.

L’IA agit comme un accélérateur : elle permet d’être plus productif, de livrer plus rapidement et de rivaliser avec des équipes plus grandes. Un freelance équipé des bons outils peut accomplir le travail de plusieurs personnes.

On passe ainsi d’un marché de l’emploi limité géographiquement à un marché mondial, beaucoup plus vaste et dynamique.

NATURELCD : Quels sont les principaux obstacles qui freinent l’essor des talents congolais dans l’économie numérique mondiale ?

Thierno Amar Niang :

Les obstacles sont bien identifiés.

Il y a d’abord l’accès à l’infrastructure : Internet, outils et environnement de travail. Ensuite, le manque de structuration : beaucoup de talents sont compétents, mais ne savent pas transformer leurs compétences en activité économique. Enfin, l’accès au marché reste un défi majeur.

Pour surmonter ces obstacles, il faut une approche globale : formation, outils, accompagnement et accès direct aux opportunités.

C’est précisément notre approche chez Gebeya. Grâce à nos agents d’IA, nous aidons les freelances à structurer leur travail, améliorer leur productivité et répondre aux standards internationaux, tout en facilitant leur accès aux marchés globaux.

NATURELCD : Quels résultats concrets attendez-vous de vos programmes de formation en RDC ?

Thierno Amar Niang :

À court terme, nous visons des résultats tangibles : des produits numériques créés, des premiers revenus générés et des freelances capables de se positionner sur des opportunités réelles.

Mais notre ambition va plus loin. Nous voulons créer un effet d’entraînement : former une première génération qui réussit, inspire et prouve que c’est possible.

À plus grande échelle, cela contribuera à structurer un véritable écosystème, avec plus de talents, plus d’entreprises digitales et davantage de valeur créée localement.

NATURELCD : Quel message adressez-vous aux jeunes Congolais qui doutent encore de leur capacité à travailler à l’international ?

Thierno Amar Niang :

Je leur dirais une chose simple : votre localisation n’est plus une limite.

Ce qui compte aujourd’hui, c’est votre capacité à créer de la valeur. Avec les compétences, la discipline et les bons outils, il est possible de travailler avec n’importe quel client dans le monde.

Bien sûr, cela demande des efforts : se former en continu, apprendre à communiquer et respecter des standards élevés. Mais c’est accessible.

L’opportunité est réelle, et elle est déjà en train de se concrétiser pour de nombreux Africains.

La vraie question n’est plus : “est-ce possible ?”, mais “êtes-vous prêt à saisir cette opportunité ?”

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *