Finance climat : la RDC défend une participation souveraine et équitable aux marchés mondiaux du carbone à Singapour

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Par Denise Kyalwahi

Prenant la parole le 19 mai 2026 à l’ouverture de la deuxième journée du forum, Marie Nyange Ndambo s’est exprimée au nom du président Félix Tshisekedi et du gouvernement congolais. Devant des représentants gouvernementaux, des institutions financières et des investisseurs internationaux, elle a présenté la vision de la RDC concernant l’avenir des marchés internationaux des crédits carbone.

Selon la ministre, la RDC, considérée comme un « pays-solution » grâce à son immense patrimoine forestier, refuse de voir les marchés du carbone réduits à une simple logique commerciale. Elle a souligné que ces mécanismes doivent avant tout permettre de mobiliser des financements climatiques importants tout en garantissant l’intégrité environnementale et la justice sociale.

« Notre pays considère que les mécanismes carbone peuvent constituer des leviers puissants de mobilisation des financements climatiques à grande échelle, à condition qu’ils reposent sur des principes clairs d’intégrité environnementale, de transparence, d’équité et de souveraineté nationale », a déclaré la ministre.

La RDC estime que chaque projet de crédit carbone doit être aligné sur la Contribution Déterminée au niveau National (CDN) et produire des résultats concrets pour les populations. Parmi les priorités évoquées figurent la protection des forêts tropicales, la restauration des paysages dégradés, la réduction de la pauvreté, la création d’emplois verts ainsi que le développement des communautés locales et des peuples autochtones.

Pour renforcer cette gouvernance, le gouvernement congolais a annoncé la mise en place de l’Autorité de Régulation du Marché Carbone (ARMCA), présentée comme un pilier institutionnel clé. Cette structure aura pour mission de garantir la transparence, la traçabilité et l’intégrité environnementale des projets carbone réalisés en RDC. Elle devra également veiller au respect des sauvegardes sociales et à la conformité des initiatives avec les engagements climatiques du pays.

Interrogée sur le faible niveau de participation de la RDC aux marchés mondiaux du carbone malgré son potentiel forestier, la professeure Marie Nyange Ndambo a rappelé que le pays mène depuis une décennie des préparatifs techniques et institutionnels avec l’appui de la Banque mondiale.

Parmi les projets mis en avant figurent la valorisation des crédits carbone excédentaires du Programme de Réduction des Émissions (PRE) Mai-Ndombe à court terme, ainsi que le développement de grands programmes nationaux comme le Couloir Vert et le PIFORES à moyen terme.

La ministre a également insisté sur la question du prix du carbone. Elle a dénoncé les faibles revenus historiquement générés par le marché volontaire du carbone face aux pertes économiques liées à la déforestation. La RDC conditionne ainsi son engagement durable dans ces mécanismes à l’obtention de prix jugés équitables afin de soutenir les efforts administratifs, réduire les émissions de gaz à effet de serre et redistribuer les bénéfices aux populations locales.

En conclusion, la RDC a appelé la communauté internationale à mettre fin à la spéculation sur les marchés du carbone et à instaurer un partenariat mondial basé sur la confiance, l’équité et le transfert de technologies. Pour Kinshasa, les pays du Sud doivent bénéficier d’un meilleur accès au financement climatique et au renforcement des capacités afin de transformer leur statut de « pays-solution » en véritable moteur de développement durable

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