Goma : des jeunes formés sur la transition juste et la gestion des risques de catastrophes lors du programme JAC2026

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Dans le cadre de la troisième cohorte du programme des Jeunes Activistes sur le Climat 2026 (JAC2026), l’organisation ALLEN+ a organisé à Goma une session de renforcement des capacités des jeunes sur les enjeux de la transition juste, la justice climatique, l’agroécologie, le plaidoyer environnemental et la gestion de la biodiversité en République démocratique du Congo.

L’objectif de ce programme est de former vingt jeunes activistes de la ville de Goma afin de renforcer leur leadership et leur engagement dans l’activisme climatique, la transition juste ainsi que la promotion de la biodiversité congolaise.

Au cours de cette formation, John Katikomu, coordinateur de l’organisation AYAB DRR, a animé une présentation sur le sous-thème intitulé : « La gestion des risques de catastrophes ».

Dans son intervention, il a souligné que les catastrophes et le développement sont étroitement liés. Selon lui, la pauvreté et plusieurs facteurs de sous-développement augmentent les risques de catastrophes en RDC, tandis que les catastrophes compromettent les efforts de développement et affaiblissent les capacités des institutions publiques.

« Rien ne nuit au développement durable comme les catastrophes, qui peuvent souvent détruire des décennies de progrès en quelques minutes », a-t-il déclaré, citant également les données de l’UNDRR 2022.

L’expert a expliqué que les catastrophes provoquées par les sécheresses, les inondations, les tempêtes ou encore les éruptions volcaniques entraînent des pertes en vies humaines, la destruction des infrastructures, des dommages environnementaux ainsi que d’importantes pertes économiques.

John Katikomu a également présenté différents types de catastrophes et de risques. Il a distingué les grandes catastrophes, causant plus de dix morts et plus de cent blessés, les petites catastrophes ainsi que les catastrophes dites quotidiennes. Il a aussi évoqué les risques extensifs, liés à des événements fréquents de faible gravité, et les risques intensifs associés à des événements rares mais très destructeurs.

Parmi les catastrophes les plus fréquentes en RDC, il a cité les inondations, les glissements de terrain, les éruptions volcaniques ainsi que les conflits armés récurrents dans plusieurs provinces du pays.

L’intervenant a par ailleurs insisté sur les conséquences des catastrophes sur la biodiversité. Selon lui, les incendies et les inondations provoquent la destruction massive des habitats naturels, la perte d’espèces essentielles à l’équilibre écologique, la prolifération d’espèces invasives ainsi que la rupture des services écosystémiques.

Abordant la question de la transition juste, il a expliqué que les catastrophes freinent considérablement les efforts environnementaux et sociaux.

« Les catastrophes détruisent les emplois verts comme l’écotourisme ou l’agriculture durable, accentuent la pauvreté, détournent les financements destinés aux programmes sociaux et aggravent l’insécurité alimentaire et sanitaire », a-t-il indiqué.

Concernant les stratégies de prévention, John Katikomu a rappelé que la gestion des risques des catastrophes passe par plusieurs étapes essentielles, notamment la prévention et l’atténuation, la préparation, la réponse d’urgence ainsi que le relèvement après catastrophe.

Pour illustrer ses propos, il a évoqué plusieurs cas vécus en RDC, notamment les inondations du 5 avril 2025 à Kinshasa, celles du 4 mai 2023 à Kalehe au Sud-Kivu ainsi que l’éruption volcanique du 22 mai 2021 à Goma. Il a dénoncé le manque d’alerte précoce, la faible mobilisation rapide et la mauvaise coordination qui ont aggravé les conséquences de ces catastrophes.

Face à ces défis, il a recommandé le renforcement de la sensibilisation des communautés vulnérables, l’amélioration des infrastructures résistantes aux catastrophes et le renforcement de la coopération entre les acteurs locaux, nationaux et internationaux.

En conclusion, le coordinateur de AYAB DRR a plaidé pour une approche holistique de la gouvernance des risques de catastrophes en RDC, basée sur la prévention, la préparation, la réponse et la reconstruction. Il a également insisté sur la nécessité d’investir dans les capacités locales, de renforcer la coordination entre les différents acteurs et de sensibiliser davantage la population aux risques environnementaux et climatiques.

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