Muanda : Pourquoi il ne fallait absolument pas consommer la baleine échouée

0 0
Read Time:2 Minute, 34 Second

Par Patrick Mapenzi 

Le récent échouage d’une baleine sur le littoral de Muanda, dans la province du Kongo-Central dans la nuit du mercredi 1er juillet, a suscité autant d’émotion que d’interrogations au sein de la population. Face à la tentation de certains de consommer la chair de ce géant des mers, Madame Christa Makengo, volontaire de Greenpeace Afrique depuis 2017, monte au créneau. Entre urgence sanitaire et rappel à la loi, elle éclaire la lanterne des internautes.

L’image de ce majestueux mammifère marin échoué sur la plage a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, soulevant une question récurrente : pouvait-on consommer sa viande ? La réponse de Christa Makengo est catégorique : c’est un non absolu.

Au-delà de l’aspect spectaculaire de l’événement, un animal qui s’échoue est bien souvent un animal affaibli. Il peut être gravement malade, contaminé par des toxines ou déjà dans un état de décomposition interne avancé, même si cela ne se voit pas à l’œil nu.

« La viande de baleine peut contenir des niveaux élevés de mercure et d’autres polluants lourds. Consommer un animal échoué constitue un véritable danger sanitaire pour la population », prévient la volontaire de Greenpeace Afrique.

Ce que dit la loi congolaise :

Si l’argument sanitaire ne suffit pas, le cadre légal, lui, est particulièrement strict en République démocratique du Congo. La chasse, la détention, le transport, l’achat ou la consommation de baleine sont rigoureusement interdits.

La protection de ce cétacé est encadrée par la Loi n° 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature. Deux articles clés réglementent ce type de situation :

– L’article 14 : Il est interdit formellement de détenir, transporter, vendre ou acheter les spécimens d’espèces protégées.

– L’article 15 : Il impose l’obligation civique de signaler immédiatement aux autorités compétentes tout spécimen d’espèce protégée retrouvé mort ou en détresse.

Conformément à cette législation, la carcasse de la baleine de Muanda ne sera pas livrée aux couteaux des bouchers, mais sera inhumée par les services de l’État dans le strict respect des procédures environnementales et sanitaires prévues.

Le combat héroïque des éco-gardes

L’issue de cet événement reste douloureuse pour les amoureux de la nature. Malgré une mobilisation rapide et des efforts acharnés, les éco-gardes locaux n’ont pas réussi à réorienter le mammifère vers le large.

Cette fin tragique rappelle un précédent beaucoup plus heureux : en 2025, une tortue marine échouée dans la même zone avait pu être sauvée et remise à l’eau grâce à la vigilance des équipes sur place.

Pour Christa Makengo, l’échec du sauvetage de la baleine n’enlève rien au mérite des équipes de terrain : 

« C’est vraiment triste que nos éco-gardes n’aient pas réussi à la secourir malgré tous leurs efforts. Leur mobilisation mérite néanmoins d’être saluée, car ils se sont battus jusqu’au bout pour tenter de sauver ce majestueux mammifère marin. »

À travers sa campagne Océans, Greenpeace Afrique continue de sensibiliser les communautés littorales de la RDC à la protection de la biodiversité marine et à la lutte contre la pollution, pour que le sanctuaire marin de Muanda reste un refuge sûr.

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *