PNUE : les États membres appellent à un financement environnemental plus équitable et à des actions concrètes

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Par Denise Kyalwahi

Réunis à Nairobi lors de la 174e réunion du Comité des représentants permanents, les États membres du Programme des Nations unies pour l’environnement ont insisté sur la nécessité de renforcer le financement climatique, d’accélérer la mise en œuvre des résolutions environnementales et de mieux répondre aux priorités des pays en développement.

Le financement des politiques environnementales mondiales, la mise en œuvre concrète des engagements climatiques et le renforcement des capacités des pays en développement ont dominé les échanges lors de la 174e réunion du Sous-comité du Comité des représentants permanents (CPR) du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), tenue ce jeudi 26 juin à Nairobi.

Présidée par Son Excellence Sultan Hajiyev, ambassadeur de l’Azerbaïdjan au Kenya et président du Comité des représentants permanents, la réunion a permis aux États membres d’évaluer les progrès du PNUE et de formuler plusieurs recommandations stratégiques.

Dans son discours d’ouverture, la Directrice exécutive du PNUE, Inger Andersen, a rappelé que le Fonds pour l’environnement demeure « la colonne vertébrale financière » de l’organisation. Elle a salué la contribution de 73 % des États membres au fonds, tout en exhortant les partenaires internationaux à accroître leur soutien afin de garantir la continuité des programmes environnementaux.

Mme Andersen a également mis en avant plusieurs initiatives récentes du PNUE, notamment les actions menées avec l’Azerbaïdjan à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, les mesures adoptées par 58 villes pour lutter contre les vagues de chaleur extrême et le lancement de nouvelles notes politiques sur les solutions énergétiques propres.

Plusieurs délégations ont toutefois plaidé pour davantage de transparence dans les rapports financiers du PNUE. Les États membres ont demandé des informations plus détaillées sur les financements affectés ainsi qu’un accès plus prévisible aux ressources pour les pays en développement.

Des préoccupations ont également été exprimées concernant la dépendance croissante aux financements privés. Plusieurs pays ont insisté sur le fait que les contributions du secteur privé doivent compléter et non remplacer les responsabilités des pays développés dans le financement de l’action climatique et environnementale dans les pays du Sud.

La question de la mise en œuvre des résolutions adoptées par l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement (UNEA) a aussi occupé une place centrale dans les discussions. Les délégations ont demandé au PNUE de recentrer ses futurs rapports sur les résultats concrets obtenus sur le terrain.

En réponse, la Directrice exécutive a reconnu que les impacts environnementaux nécessitent souvent du temps avant d’être pleinement visibles. Elle a néanmoins assuré que le programme « One Impact » ainsi que la plateforme numérique « World Environment Situation Room » permettront de renforcer le suivi des projets et l’évaluation des résultats.

Les besoins spécifiques des pays en développement ont également été largement évoqués. Les États membres ont insisté sur l’importance du transfert de technologies, du renforcement des capacités et du financement de l’adaptation climatique, particulièrement dans les domaines de la restauration des terres, de la lutte contre la désertification et de la sécurité hydrique.

Sur la question de la dégradation des terres, soulevée notamment par l’Iran et l’Égypte, Mme Andersen a confirmé que le PNUE travaille actuellement à un système transparent de suivi des projets environnementaux aux impacts multiples, afin de mieux mesurer leurs contributions à la biodiversité, au climat et à la restauration des écosystèmes.

La réunion a également mis en avant les avancées du PNUE dans les domaines de la science et des données environnementales. Les États membres ont salué le développement progressif du « World Environment Situation Room » (WESR), qui intégrera prochainement des outils d’intelligence artificielle et des mécanismes de renforcement des capacités.

Par ailleurs, un soutien marqué a été exprimé au processus mondial de négociation sur la pollution plastique. Plusieurs délégations ont appelé à des mécanismes financiers solides pour accompagner la mise en œuvre des futurs accords internationaux.

Les impacts environnementaux des conflits au Moyen-Orient ont aussi été évoqués. Selon la Directrice exécutive, le PNUE poursuit ses évaluations scientifiques sur la pollution terrestre et marine ainsi que sur l’aggravation de la pénurie d’eau dans les zones touchées.

La réunion s’est achevée par l’adoption du rapport du sous-comité sans objection des États membres. Plusieurs délégations, dont celles de l’Égypte, de l’Allemagne et de l’Union européenne, ont également adressé leurs messages d’au revoir à certains représentants diplomatiques quittant Nairobi après plusieurs années de service.

À travers cette réunion, les États membres du PNUE ont réaffirmé l’urgence d’une action environnementale coordonnée, mieux financée et davantage orientée vers des résultats concrets face aux défis climatiques et écologiques mondiaux.

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