Baleine échouée à Muanda : Ce que cache réellement ce phénomène spectaculaire

0 0
Read Time:2 Minute, 46 Second

Par Patrick Mapenzi 

L’échouage tragique d’une baleine mercredi dernier sur la plage de Muanda, dans la province du Kongo-Central, a plongé de nombreux Congolais dans la stupéfaction. Pourtant, pour les spécialistes, la présence de ces géants marins au large de la République démocratique du Congo n’a rien d’un mystère mystique. L’expert Djuma Hussein lève le voile sur les secrets de ces grands migrateurs et décrypte les raisons, souvent douloureuses, qui les poussent parfois à venir mourir sur le sable.

Pour beaucoup, la RDC est avant tout un grand pays forestier et fluvial. On oublie souvent que sa façade maritime de l’océan Atlantique est connectée aux grandes routes migratoires de la planète.

« En réalité, ce phénomène est beaucoup moins étrange qu’il n’y paraît. Les baleines fréquentent bel et bien les eaux africaines, y compris celles de la côte de la République démocratique du Congo », explique Djuma Hussein.

Certaines espèces emblématiques, à l’instar de la Baleine à bosse, parcourent chaque année des milliers de kilomètres selon un cycle biologique très précis :

« Les baleines passent une grande partie de l’année dans les eaux glaciales de l’Antarctique ou de l’Arctique, là où le krill (petites crevettes) et les poissons abondent. Elles y font le plein d’énergie. Elles migrent ensuite vers les eaux tropicales et subtropicales, nettement plus chaudes. C’est là qu’elles s’accouplent et mettent bas. Ces eaux chaudes sont indispensables à la survie des baleineaux nouveau-nés, qui ne possèdent pas encore une couche de graisse suffisante pour résister au froid polaire. », a fait savoir, Djuma Hussein.

Sur cette route de la vie, le littoral d’Afrique centrale et australe de l’Afrique du Sud à la République du Congo, en passant par la Namibie, l’Angola, le Gabon et la RDC (au large de Muanda) se transforme régulièrement en un véritable corridor pour ces géants des mers.

Les causes du drame : Pourquoi s’échouent-elles ?

Si leur présence est normale, leur échouage est toujours le signe d’une anomalie ou d’un drame en haute mer. Selon Djuma Hussein, les facteurs qui poussent une baleine à s’échouer sur le sable de Muanda sont multiples et souvent combinés :

– Les causes naturelles : La vieillesse, une maladie fulgurante, ou encore la désorientation d’un individu qui a suivi une proie d’un peu trop près dans des eaux peu profondes.

– Les causes humaines (les plus fréquentes) : Les collisions de plus en plus nombreuses avec les coques ou les hélices des grands navires de commerce, l’enchevêtrement mortel dans des filets de pêche abandonnés, ou encore la pollution sonore sous-marine (sonars, prospections pétrolières) qui détruit le système de navigation des cétacés.

Lorsqu’une baleine rate son virage et se retrouve piégée sur la plage, le compte à rebours s’enclenche. Contrairement aux idées reçues, la baleine ne meurt pas par manque d’air, puisqu’elle possède des poumons et respire du dioxygène atmosphérique. Elle meurt de son propre gigantisme.

Portée par l’océan, la baleine flotte et ne ressent pas ses dizaines de tonnes. Mais une fois sur le sable, privée de la poussée d’Archimède, son propre poids colossal écrase ses organes internes (poumons, cœur). Ce traumatisme interne, combiné à une déshydratation fulgurante sous le soleil tropical, rend l’échouage presque toujours fatal.

L’événement de Muanda rappelle cruellement la fragilité de ces géants face aux menaces qui pèsent sur l’océan Atlantique, et l’importance cruciale de protéger notre espace maritime.

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *