
À Nairobi, où se tiennent depuis le 30 juin les négociations internationales sur le futur Traité mondial contre la pollution plastique, la pression monte sur les États. En République démocratique du Congo, des organisations environnementales, scientifiques, étudiants et acteurs des médias demandent au gouvernement congolais de maintenir une position ambitieuse afin d’obtenir un accord historique capable de protéger la santé humaine, le climat et l’environnement.
Dans une déclaration adressée à la Ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Économie du Climat, ces organisations saluent le rôle déjà joué par la RDC dans les discussions internationales et exhortent la délégation congolaise à poursuivre son engagement lors des négociations en cours à Nairobi, prévues jusqu’au 3 juillet 2026.
« Un traité faible serait un échec »
Pour les signataires, la crise plastique mondiale ne peut plus être traitée uniquement comme un problème de déchets.
« Un traité centré seulement sur la gestion des déchets ne suffira pas », alertent-ils, plaidant pour un accord juridiquement contraignant couvrant tout le cycle de vie des plastiques : extraction, production, consommation et gestion des déchets.
Les organisations estiment qu’en l’absence de mesures fortes pour limiter la production plastique et interdire certaines substances toxiques, la pollution continuera de menacer la santé des populations et les écosystèmes.

La santé des Congolais déjà menacée
Le communiqué révèle également une inquiétude grandissante autour des conséquences sanitaires de la pollution plastique en RDC.
Une étude scientifique menée à Kinshasa a déjà démontré la présence d’additifs plastiques dans le sang de certains habitants, preuve selon les organisations que les substances chimiques issues des plastiques contaminent progressivement les populations.
Les femmes et les jeunes filles seraient parmi les plus exposées. Les auteurs du texte rappellent que les phtalates et bisphénols, présents dans plusieurs produits plastiques du quotidien, sont des perturbateurs endocriniens particulièrement dangereux pour la santé reproductive.
« Les femmes et les jeunes filles paient un lourd tribut à cette pollution silencieuse », souligne la déclaration.
La RDC, “pays solution” attendu au tournant
Les organisations environnementales considèrent que la RDC dispose d’une voix stratégique dans ces négociations mondiales grâce à son immense potentiel écologique.
Avec le bassin du Congo, deuxième plus grand poumon vert de la planète, et ses importantes ressources en eau, le pays est présenté comme un acteur incontournable dans la lutte contre le changement climatique et la pollution.
Pour les signataires, défendre un traité ambitieux permettrait à la RDC de consolider son image de “pays solution” sur les grandes questions environnementales mondiales.
Un appel direct à la Ministre de l’Environnement
Dans un ton à la fois diplomatique et engagé, les organisations encouragent la Ministre congolaise de l’Environnement à poursuivre son leadership dans les négociations.
Elles estiment que la voix de la RDC pourrait peser dans l’orientation finale du traité, notamment face aux tentatives de certains groupes industriels de réduire l’ambition des discussions.
« Le peuple congolais attend de ses représentants qu’ils protègent sa santé, son territoire et son avenir », rappellent les signataires.
Les organisations demandent notamment :
- des restrictions sur les substances chimiques dangereuses ;
- une réduction de la production plastique à la source ;
- des mécanismes de transparence et de responsabilité ;
- ainsi qu’une protection renforcée des communautés vulnérables.

Nairobi, un tournant décisif
Les discussions de Nairobi sont considérées comme une étape cruciale avant l’adoption du futur Traité mondial sur les plastiques sous l’égide des Nations Unies.
Alors que les impacts de la pollution plastique deviennent visibles dans les océans, les rivières, les sols et même dans le corps humain, plusieurs pays africains souhaitent désormais que les négociations débouchent sur des engagements forts et contraignants.
À travers cette mobilisation, les organisations congolaises espèrent que la RDC fera entendre une voix ambitieuse au nom de l’Afrique et des générations futures.
