Beni : la préservation du Parc des Virunga passe par le dialogue, une agriculture durable et la lutte contre la déforestation

0 0
Read Time:3 Minute, 15 Second

Par Prémiss Batita

La coexistence entre les populations riveraines et la faune sauvage demeure l’un des principaux défis de la conservation dans la région de Beni. Cette question a été au cœur de l’émission Écho de l’environnement et du développement durable, diffusée vendredi sur la Radio Télévision Rwanzururu (RTR) Beni 93.5, animée par Premiss Batita correspondante de NATURELCD à Beni. Elle a réuni des acteurs de la conservation autour des enjeux liés à la protection du Parc national des Virunga.

Invité de l’émission, Bienvenue Bwende, porte-parole de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), a présenté les défis auxquels fait face cette aire protégée tout en mettant en avant les solutions susceptibles de renforcer une coexistence harmonieuse entre les communautés locales et la biodiversité.

Créé en 1925, le Parc national des Virunga est le plus ancien parc national d’Afrique. Classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il abrite une biodiversité exceptionnelle, dont les emblématiques gorilles de montagne, ainsi que de nombreux écosystèmes qui jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat et le développement du tourisme en République démocratique du Congo.

Photo ICCN : Bienvenue Boende porte parole de l’ICCN lors d’un café écologique avec les riverains du parc à Beni.

Selon le porte-parole de l’ICCN, cette richesse naturelle reste toutefois confrontée à de nombreuses pressions. Les conflits fonciers figurent parmi les principaux obstacles à la conservation. L’accroissement des besoins en terres cultivables pousse certaines communautés à exploiter des espaces situés à proximité, voire à l’intérieur des limites du parc, provoquant régulièrement des tensions avec les écogardes chargés de sa protection.

À cette problématique s’ajoute la déforestation, alimentée par l’exploitation du bois, la production de charbon de bois et l’abattage incontrôlé des arbres. Ces activités entraînent une dégradation progressive des habitats naturels et accentuent les risques de disparition de plusieurs espèces animales et végétales.

Face à ces défis, Bienvenue Bwende estime que la conservation ne peut être efficace sans une implication active des communautés vivant autour du parc. Il plaide pour un dialogue permanent entre les populations, les autorités locales et les gestionnaires de l’aire protégée afin de prévenir les conflits et de construire une gestion concertée des ressources naturelles.

Photo ICCN: la communauté locale en dialogue avec les responsables de l’ICCN lors d’un café écologique à Beni.

L’amélioration des pratiques agricoles constitue également une priorité. L’ICCN encourage la promotion d’une agriculture moderne et durable, capable d’augmenter les rendements sur les terres déjà exploitées. Cette approche permettrait de répondre aux besoins alimentaires des ménages tout en limitant l’expansion des cultures vers les zones protégées.

Le porte-parole a également souligné l’importance de restaurer les espaces dégradés, de lutter contre la déforestation, de développer des activités génératrices de revenus respectueuses de l’environnement et de renforcer le tourisme durable, considéré comme une opportunité de développement économique pour les communautés locales.

Au-delà de la protection des espèces animales et végétales, le Parc national des Virunga remplit plusieurs missions essentielles, notamment la conservation des écosystèmes, la recherche scientifique, l’éducation environnementale et la promotion d’un tourisme responsable. Ces différentes fonctions font de cette aire protégée un patrimoine naturel stratégique pour la région de Beni et pour l’ensemble de la République démocratique du Congo.

En clôturant son intervention, Bienvenue Bwende a lancé un appel à la responsabilité collective. Il a invité les communautés riveraines, les autorités publiques, les partenaires techniques et financiers ainsi que tous les acteurs engagés dans la conservation à unir leurs efforts pour préserver le Parc national des Virunga.

Cette édition de Écho de l’environnement et du développement durable a ainsi mis en évidence qu’une conservation durable repose sur un équilibre entre la protection de la biodiversité, le développement socio-économique des populations locales, la gestion responsable des ressources naturelles et l’adoption de pratiques agricoles plus durables. Un équilibre jugé indispensable pour assurer l’avenir du Parc national des Virunga et des communautés qui vivent à ses portes.

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *