Par Denise Kyalwahi
Le Forum régional des jeunes du bassin du Nil s’est clôturé ce jeudi 29 octobre 2026 en Éthiopie. Les participants ont formulé des propositions d’actions autour de six thématiques prioritaires, notamment la coopération sur l’eau, la diplomatie, la résilience climatique et l’entrepreneuriat vert. La rencontre s’est achevée par l’élection de quatre responsables et de six autres membres du bureau régional du Regional Nile Youth Network (RNYN).

Les jeunes participants au Forum régional des jeunes du bassin du Nil ont consacré leurs travaux à la recherche de solutions communes aux défis liés à la gestion de l’eau, à la paix et au développement durable dans les pays riverains du Nil.

Répartis en différents groupes de discussion, ils ont examiné six thématiques principales : la coopération sur l’eau, la diplomatie et la consolidation de la paix, la résilience climatique, l’innovation et les emplois verts, la participation des jeunes au plaidoyer, ainsi que les partenariats et le financement.
Les travaux ont été conduits sous la direction de Mme Hayat Nuredin, titulaire d’un doctorat en sciences de l’eau à l’Université d’Éthiopie.

Ces six axes constituent un cadre commun destiné à renforcer la coopération entre les jeunes du bassin du Nil, à identifier les défis prioritaires et à transformer leurs propositions en activités concrètes, avec des résultats mesurables.
De la coopération sur l’eau à la création d’emplois verts
Sur la coopération transfrontalière, les participants ont souligné la nécessité de renforcer la contribution des jeunes au dialogue et aux décisions concernant les ressources en eau partagées par les pays du bassin du Nil. Ils ont notamment insisté sur leur participation à la gouvernance de l’eau et au partage des connaissances entre les communautés.


La diplomatie de l’eau et la consolidation de la paix ont également occupé une place importante dans les discussions. Les jeunes ont abordé le rôle du dialogue, de la négociation et de la coopération entre les pays voisins dans la prévention et la résolution pacifique des différends liés aux ressources hydriques.
La résilience climatique et la durabilité environnementale ont constitué un autre axe de réflexion. Les propositions ont porté sur les réponses aux changements climatiques, aux sécheresses, aux inondations, à la pollution et à la dégradation des écosystèmes, avec une attention particulière à la gestion durable des ressources en eau.
Concernant l’innovation et les emplois verts, les groupes ont proposé de renforcer les compétences entrepreneuriales des jeunes, de soutenir les entreprises respectueuses de l’environnement et de promouvoir des activités telles que l’agriculture durable, les énergies renouvelables et la conservation de l’eau.
Les participants ont également mis en avant la nécessité de renforcer la voix des jeunes dans les processus de décision et les politiques régionales. Ils ont plaidé pour une meilleure prise en compte de leurs préoccupations dans les initiatives concernant l’avenir du bassin du Nil.
Enfin, les discussions sur les partenariats et le financement ont porté sur la mobilisation des ressources financières et techniques, ainsi que sur le développement de collaborations avec les gouvernements, les universités, les organisations de la société civile, les institutions régionales et le secteur privé.
Des propositions d’actions concrètes
Au-delà des échanges, les groupes ont présenté des pistes d’action pour traduire les six thématiques en initiatives réalisables.
Parmi les propositions figurent la formation des jeunes à la diplomatie de l’eau et à la résolution des conflits, la création de réseaux régionaux d’entrepreneurs verts, le développement de programmes de mentorat et l’organisation d’activités de sensibilisation dans les communautés et les établissements scolaires.
Un groupe a notamment proposé un programme de suivi de la qualité de l’eau du Nil, destiné à former les jeunes aux techniques de base de surveillance et d’analyse, à identifier les sources potentielles de pollution et à sensibiliser les communautés à la protection des ressources hydriques.
Ce programme prévoit la collecte et le partage de données, l’identification de sites de surveillance et la conduite de campagnes conjointes de sensibilisation. Sa mise en œuvre nécessiterait des formations, des équipements, l’appui de chercheurs et d’experts, ainsi que des ressources financières.
D’autres propositions ont mis l’accent sur le renforcement des capacités des jeunes femmes, leur participation aux décisions relatives à l’eau et à l’environnement, ainsi que le développement d’entreprises écologiques susceptibles de favoriser l’emploi et l’autonomie économique.
Les participants ont également souligné l’importance de collaborer avec les institutions publiques, les organisations régionales, les établissements universitaires et les partenaires techniques et financiers pour assurer la continuité des initiatives proposées.
Quatre responsables élus et six autres membres désignés
La clôture du forum a été marquée par l’élection des responsables du Regional Nile Youth Network, une étape destinée à renforcer la coordination et la représentation des jeunes à l’échelle du bassin du Nil.
Selon les résultats communiqués, quatre postes principaux ont été attribués :
- Présidente : Alice William Kaijsge, Tanzanie, avec 14 points ;
- Vice-président : Henry Rowland Otieno, Kenya, avec 15 points ;
- Secrétaire : Mary Pony Eresto, Soudan du Sud, avec 22 points ;
- Trésorière : Lisa, Rwanda, avec 17 points.
Six autres membres issus de différents pays rejoignent également le bureau régional : Charline du Burundi ; Maya d’Égypte ; Biruk, d’Éthiopie ; Anelka de la République démocratique du Congo ; AMNA du Sudan ; et Noeline de l’Ouganda.
Ils seront appelés à occuper différentes fonctions, notamment au sein des groupes thématiques (Thematic Clusters), à la coordination du plaidoyer (Advocacy Coordinator), à la coordination de la communication (Communication Coordinator) et au suivi-évaluation (Monitoring and Evaluation Officer).
La répartition précise des responsabilités de ces six membres sera annoncée lors de la prochaine réunion du réseau. Cette étape permettra de clarifier leurs attributions respectives dans la mise en œuvre des priorités définies pendant le forum.
Le NBD réaffirme son soutien à la jeunesse
Dans son allocution de clôture, le docteur Aseffa Seyoum, PhD, responsable régional du Nile Basin Discourse (NBD), a encouragé les jeunes à poursuivre leur engagement en faveur de la coopération régionale et de la gestion durable des ressources en eau.
Il a réaffirmé la disponibilité du NBD à accompagner leurs initiatives, notamment à travers la formation, le renforcement des capacités et la mise à disposition des outils nécessaires à la réalisation de leurs projets.
La rencontre s’est achevée dans une ambiance de joie et de partage, marquée par la confiance entre les participants et leur volonté de poursuivre la collaboration au-delà du forum.
À travers ces travaux, le Regional Nile Youth Network entend faire des priorités communes des jeunes un levier d’action pour la coopération sur l’eau, la protection de l’environnement et la consolidation de la paix dans le bassin du Nil.
