Par Emmanuel Kasereka
À Goma, dans la province du Nord-Kivu, le Mazuku, phénomène naturel caractérisé par l’accumulation de dioxyde de carbone (CO₂) dans certaines zones géographiques, continue de représenter une menace silencieuse pour les populations. Selon des chercheurs, environ six personnes perdent la vie chaque année dans la ville et ses environs à la suite d’expositions à de fortes concentrations de ce gaz. Un danger d’autant plus préoccupant que les zones à risque deviennent progressivement moins identifiables, sous l’effet de la croissance démographique et de l’extension des espaces habités.

Cette évolution de l’occupation du territoire complique davantage la prévention des accidents liés au Mazuku. En effet, l’expansion des quartiers résidentiels rapproche progressivement les populations de certains espaces naturellement exposés aux émanations de dioxyde de carbone. La méconnaissance de ces sites, notamment par les nouveaux habitants et les jeunes générations, constitue ainsi un facteur supplémentaire de vulnérabilité face à ce phénomène potentiellement mortel.

Face à cette menace, la sensibilisation apparaît comme un levier essentiel pour renforcer la prévention et développer une culture de vigilance au sein des communautés. C’est dans cette perspective que la Young Reporters Initiative (YoRI), en collaboration avec l’Union internationale des sciences géologiques (IUGS), a organisé une séance de sensibilisation à l’intention des élèves de l’Institut Nyabyunyu, situé dans le quartier Lac Vert, à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo.

Organisée le 19 octobre 2026, cette activité visait à attirer l’attention des apprenants sur les dangers du Mazuku, tout en les familiarisant avec les risques associés à la présence de concentrations élevées de CO₂ dans leur environnement. À travers cette initiative, les organisateurs entendent contribuer à la diffusion des connaissances scientifiques auprès des jeunes et encourager l’adoption de comportements responsables face aux phénomènes géologiques susceptibles de menacer la vie humaine.

Le choix de l’Institut Nyabyunyu revêt également un intérêt particulier dans une démarche de prévention communautaire. En ciblant le milieu scolaire, YoRI-IUGS mise sur le rôle des élèves dans la transmission des connaissances et des messages de prudence au sein de leurs familles et de leurs communautés respectives. L’école devient ainsi un espace stratégique pour faire comprendre les risques environnementaux et promouvoir une meilleure appropriation des informations relatives à la sécurité des populations.
Au-delà de cette activité ponctuelle, les défis liés au Mazuku soulignent la nécessité de renforcer durablement l’information du public, notamment dans les quartiers en pleine expansion démographique. La connaissance des zones dangereuses, l’éducation aux risques et la vulgarisation des données scientifiques constituent des pistes importantes pour limiter les accidents. Dans une ville où l’urbanisation progresse, la prévention doit désormais accompagner l’évolution de l’habitat afin que les populations ne s’installent pas dans des espaces dont les dangers restent insuffisamment connus.
Dans un reportage réalisé par Watoto Radio, avec la contribution des reporters Daniel Jasiri Levergénois Makasi Mahamba et Espérance Byamungu, et relayé par naturelcd.net, les temps forts de cette séance de sensibilisation organisée à l’Institut Nyabyunyu sont mis en lumière. Cette initiative rappelle que face au Mazuku, la connaissance constitue une première ligne de protection et que l’éducation des jeunes demeure un moyen essentiel de prévenir les drames liés à ce phénomène naturel.
