Attaque meurtrière au Parc national de l’Upemba : la société civile environnementale dénonce un coup dur pour la conservation en RDC

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Après l’attaque armée ayant visé le quartier général du Parc national de l’Upemba dans la province du Haut-Katanga, la société civile environnementale en République démocratique du Congo tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué rendu public le 3 mars 2026, plusieurs organisations réunies au sein du Congo Basin Conservation Society Network (CBCS-Network) dénoncent une attaque grave contre les efforts de protection de la biodiversité et appellent les autorités à ouvrir des enquêtes urgentes afin d’identifier et juger les responsables.

La société civile environnementale congolaise, chapeauté par Josué Aruna est montée au créneau après l’attaque armée qui a ciblé le quartier général du parc national de l’Upemba, une aire protégée stratégique pour la conservation dans le sud-est du pays.

Dans un communiqué de presse, les organisations membres du CBCS-Network, affiliées à la Société Civile Environnementale de la RDC, ont exprimé leur profonde indignation face à cette incursion attribuée à des présumés miliciens Maï-Maï.

Une attaque contre une aire protégée stratégique qui engage soupçons autour des intérêts économiques

Selon les informations relayées par les organisations environnementales, l’attaque s’est produite dans la nuit du 2 au 3 mars 2026. Des hommes armés auraient pris pour cible les installations du parc situées à Lusinga, dans le territoire de Mitwaba.

Cet assaut aurait visé directement le quartier général de cette aire protégée, provoquant la mort de plusieurs agents de conservation et suscitant une vive inquiétude parmi les défenseurs de l’environnement.

Pour les organisations signataires, cet incident constitue une attaque frontale contre les efforts entrepris pour protéger la biodiversité du bassin du Congo.

Dans leur déclaration, les organisations environnementales affirment qu’elles ne peuvent rester silencieuses face à ce qu’elles qualifient de sabotage des efforts de conservation menés dans le pays.

Elles rappellent que ces initiatives s’inscrivent dans la vision portée par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, visant à renforcer la lutte contre les crimes environnementaux et à promouvoir la reconnaissance internationale du crime d’écocide.

La société civile souligne également que la région du parc national de l’Upemba est non seulement riche en biodiversité, mais aussi connue pour ses importantes ressources minières stratégiques liées à la transition énergétique.

Dans ce contexte, certaines organisations craignent que l’attaque puisse être liée à des tentatives visant à affaiblir les dispositifs de conservation afin de favoriser l’exploitation de ces ressources.

Une menace pour l’image internationale de la RDC

La société civile se dit également préoccupée par les informations faisant état de la présence d’expatriés parmi les résidents de Lusinga qui auraient été emportés par les assaillants, selon des sources locales.

Si ces informations se confirmaient, préviennent les organisations, l’incident pourrait avoir des répercussions sur l’image internationale de la RDC dans le domaine de la conservation et de la lutte contre le changement climatique.

Elles estiment que ce type d’attaque souligne la vulnérabilité persistante des aires protégées congolaises malgré leur importance écologique mondiale et leur rôle dans la régulation climatique de la planète.

Face à cette situation, la société civile environnementale formule plusieurs recommandations aux autorités congolaises.

Elle appelle notamment le gouvernement à œuvrer pour la libération immédiate des personnes qui seraient retenues en otage, à mettre en place des commissions d’enquête indépendantes afin d’identifier les auteurs de cette attaque et à renforcer la collaboration avec les communautés locales et les peuples autochtones.

Les organisations demandent également une prise en charge adéquate des familles des écogardes tués dans l’exercice de leurs fonctions, soulignant que ces « soldats de la nature » paient souvent le prix fort pour la protection de la biodiversité.

Par ailleurs, elles invitent le procureur près le Tribunal de grande instance de Lubumbashi à ouvrir une procédure judiciaire contre les auteurs présumés de l’attaque et à garantir la transparence dans le traitement de cette affaire.

Pour la société civile environnementale, seule une réponse judiciaire rapide et crédible permettra de protéger durablement les aires protégées du pays et de consolider les efforts de conservation dans le bassin du Congo.

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