
À l’occasion de la Journée mondiale des abeilles, célébrée cette année sous le thème « Ensemble, protégeons les abeilles pour préserver la biodiversité et l’avenir de nos communautés », la ville de Butembo, dans l’est de la RDC, a vibré au rythme du fanfare et des activités apicoles organisées par des apiculteurs venus des territoires de Lubero et Beni ainsi que des villes de Butembo et Beni.
Fumoirs à la main, combinaisons de protection et matériels apicoles exposés, cette célébration a constitué une véritable découverte pour les élèves du Complexe scolaire Les Enfants de Sion, invités à participer à cette journée de sensibilisation organisée à l’hôtel de ville de Butembo.
Au total, 56 apiculteurs, dont 8 femmes apicultrices, ont pris part à cette activité haute en couleurs, marquée par des échanges d’expériences autour de la protection des abeilles et de leur rôle essentiel dans l’équilibre écologique.
En présence des autorités environnementales, de l’Inspection provinciale de l’Environnement, des médias et de la communauté locale, les participants ont été sensibilisés sur les moyens de protéger les abeilles afin de préserver la biodiversité et renforcer la sécurité alimentaire.
Une leçon pratique occasionnelle pour les élèves du complexe scolaire Les Enfants de Sion

Pour les élèves finalistes du complexe scolaire Les Enfants de Sion présents à l’hôtel de Ville de Butembo pour une leçon d’observation, cette journée a permis de relier la théorie apprise en classe à la pratique sur le terrain.
« Nous avons souvent entendu parler de ce que font les apiculteurs. Aujourd’hui, c’est une occasion pour nous d’accompagner nos élèves afin qu’ils découvrent réellement d’où provient le miel que nous consommons et qui le produit », a expliqué Katsya Kalihi Michel, directeur du Complexe scolaire Les Enfants de Sion.
Les élèves ont découvert pour la première fois des ruches, la cire d’abeille, l’hydromel utilisé dans certains traitements médicaux ainsi que plusieurs autres produits dérivés des abeilles. Et ont exprimé leurs satisfaction.
» Je suis très ravi de voir les instruments qui aident à élever les abeilles. Pour moi je serais aussi apiculteur car j’aime du miel » explique Josué l’un des élèves en visite guidée à la mairie de Butembo.
La déforestation menace les abeilles au monde
Prenant la parole lors des échanges, Kakule Vutsupa Michel, président du conseil d’administration du groupe Academia RDC, a alerté sur les conséquences de la déforestation et des pratiques agricoles inadaptées sur la survie des abeilles.
Selon lui, la destruction des forêts et l’utilisation abusive des pesticides réduisent fortement les populations d’abeilles, ce qui entraîne une baisse de la pollinisation et, par conséquent, une diminution des rendements agricoles.
« Lorsqu’il y a plus de déforestation, il y a davantage de destruction des abeilles. Cela entraîne de faibles pollinisations et de faibles rendements agricoles. Les abeilles jouent aussi un rôle important dans le maintien de l’équilibre climatique », a-t-il déclaré.
Il a également dénoncé l’occupation progressive des espaces naturels autrefois favorables aux colonies d’abeilles à cause de l’expansion démographique et de l’agriculture sur brûlis.
Pour lui, les gouvernements, les organisations environnementales et les partenaires doivent créer des espaces de protection spécifiques afin de sauver ces pollinisateurs qu’il considère comme indispensables à l’avenir écologique, biologique et économique des communautés.
Sensibiliser la population à protéger les ruches

Face aux destructions fréquentes des ruches par peur ou ignorance, les apiculteurs ont insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation communautaire.
« Nous devons apprendre à protéger les abeilles et leurs écosystèmes. Plus nous avons d’abeilles, plus nous avons de pollinisateurs, plus nous avons de plantes et plus nous protégeons la vie humaine », a souligné Kakule Vutsupa Michel.
Il a rappelé que les familles ont également un rôle important à jouer dans la préservation des abeilles, notamment à travers l’éducation environnementale des enfants et l’intégration de petites activités apicoles dans les ménages.
Selon lui, même disposer de deux ou trois ruches peut contribuer à sensibiliser les jeunes générations à la protection de l’environnement tout en favorisant la production du miel.
Des témoignages sur les bienfaits des produits de la ruche
La journée s’est clôturée par plusieurs témoignages de participants se présentant comme des « amis des abeilles ».
Venue de Katali, Kahambu Thaleka Aminata a raconté avoir retrouvé la santé grâce aux produits dérivés des abeilles.
« J’avais des douleurs à la jambe et une forte toux qui ne guérissait pas. Après avoir utilisé l’hydromel, du miel mélangé au jus de citron, mes douleurs ont disparu et j’ai été complètement guérie », a-t-elle témoigné.
De son côté, Masika Rachel a vanté les vertus thérapeutiques du miel, particulièrement pour les femmes et les personnes en convalescence après une opération chirurgicale.
« Le miel est un médicament très bénéfique. Il possède plusieurs vertus pour le corps humain », a-t-elle affirmé.
Les jeunes sont appelés à moderniser l’apiculture
Les apiculteurs ont enfin lancé un appel aux jeunes, notamment aux étudiants en agronomie et en environnement durable, afin qu’ils s’intéressent davantage à l’apiculture moderne.
« L’apiculture est importante pour nos champs et pour le climat. Nous invitons les jeunes à venir apprendre les méthodes modernes d’élevage des abeilles », ont insisté les participants.
Masika Rachel estime que l’avenir de l’apiculture dépend de l’implication de la jeunesse et de l’intégration des nouvelles technologies.
« Si nous laissons cette activité uniquement entre les mains des personnes âgées, elle restera monotone et sans innovation. Nous voulons que nos enfants apprennent aussi l’apiculture moderne comme cela se fait dans d’autres pays », a-t-elle déclaré.
Clôturant son intervention, Kakule Vutsupa Michel a appelé la population à protéger les forêts et à éviter de chasser les abeilles lorsqu’elles apparaissent dans les maisons ou les champs.
« Ne permettez pas la destruction de nos forêts par l’agriculture sur brûlis, nos sol par des pesticides, car nous perdons beaucoup d’abeilles avec ces pratiques agricoles. Ne chassez pas les abeilles qui visitent vos maisons ou vos champs », a-t-il conclu.
