
Par Patrick Mapenzi
Un violent incendie survenu mardi 9 juin 2026 dans le quartier Cahi, en commune de Bagira à Bukavu, a plongé des centaines de familles dans la détresse. Selon le bilan final publié le 10 juin par la Société Civile du sous-noyau de Cahi, 283 familles se retrouvent aujourd’hui sans abri après la destruction de 101 maisons.
Le sinistre s’est déclaré sur l’avenue Kisimu avant de se propager rapidement jusqu’à l’avenue Camp-Régie, alimenté par la promiscuité des habitations et des rafales de vent. En quelques minutes, les flammes ont transformé plusieurs artères du quartier en un immense brasier, réduisant en cendres habitations, biens et souvenirs de toute une vie.
Malgré l’ampleur du drame, aucune perte en vie humaine n’a été signalée. Mais les dégâts matériels sont considérables. Parmi les sinistrés figurent 54 ménages locataires, tandis que la résidence du chef de quartier, Akilimali Mubigalo Dieudonné, n’a pas été épargnée.

Face à la progression rapide des flammes, les habitants se sont mobilisés avec des moyens de fortune pour tenter de limiter les dégâts. Seaux d’eau, sable et outils improvisés ont été utilisés dans une lutte acharnée contre l’incendie. Dans certains cas, 17 maisons ont été volontairement démolies afin de créer des coupe-feux et empêcher la propagation du sinistre.
Les équipes anti-incendie de Pharmakina ainsi que celles de la commune d’Ibanda sont intervenues en renfort, parvenant finalement à contenir les flammes après plusieurs heures d’efforts.
« Sans la mobilisation des jeunes et des habitants, la situation aurait été bien plus dramatique », a souligné Ombeni Zagabe, président du Comité Local de Développement de Cahi, saluant un élan de solidarité remarquable.
Des scènes de désolation ont marqué les lieux après le passage du feu : des familles en pleurs, des enfants désorientés, des personnes âgées impuissantes face à la perte de leurs biens. À la tombée de la nuit, des centaines de sinistrés étaient contraints de passer la nuit à la belle étoile ou chez des proches.

Les circonstances exactes de l’incendie restent à déterminer. Toutefois, la Société Civile précise qu’aucune anomalie liée au réseau électrique de la SNEL n’a été constatée.
Au-delà de l’émotion, cette catastrophe relance le débat sur le manque criant de moyens de lutte contre les incendies à Bukavu, notamment dans les quartiers densément peuplés.
Face à l’urgence, les acteurs communautaires appellent à une mobilisation rapide des autorités et des organisations humanitaires pour venir en aide aux victimes. Les besoins sont immenses : abris temporaires, vivres, vêtements, couvertures, kits sanitaires et accompagnement psychosocial.
Dans un message de compassion, la Société Civile du sous-noyau de Cahi a exprimé son soutien aux sinistrés, appelant à la solidarité collective pour aider les familles à se relever de cette tragédie.
Alors que le quartier tente de se reconstruire, cet incendie s’impose déjà comme l’un des plus dévastateurs enregistrés ces dernières années à Bukavu.
