Bunia : le manque d’eau potable fragilise la riposte contre Ebola

0 0
Read Time:2 Minute, 6 Second

Par Denise Kyalwahi 

La pénurie d’eau potable observée dans plusieurs quartiers de Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, compromet sérieusement l’application des mesures d’hygiène recommandées pour prévenir la propagation de la maladie à virus Ebola, ont alerté des responsables locaux et des habitants, décrit l’Agence Congolaise de Presse ACP.

Le quartier Mudzipela, considéré comme l’un des plus peuplés de la ville, figure parmi les zones les plus touchées par cette crise. Selon son chef, Benjamin Balinda, l’insuffisance d’eau potable affecte non seulement les ménages, mais également les infrastructures accueillant un grand nombre de personnes.

« Notre quartier abrite deux sites de déplacés, ceux de Kigonze et de l’ISP, ainsi que plusieurs écoles, centres de santé et marchés. La demande en eau est très élevée alors que l’approvisionnement reste largement insuffisant », a-t-il expliqué.

Malgré l’appui apporté par certaines organisations, notamment le service catholique Ngongo, une grande partie de la population continue d’éprouver d’énormes difficultés pour accéder à l’eau potable. Face à cette situation, le responsable local lance un appel aux autorités et aux partenaires humanitaires afin de renforcer les interventions dans les quartiers les plus vulnérables.

Les habitants d’autres secteurs de la ville partagent les mêmes préoccupations. Dans les quartiers Bankoko et Bigo, plusieurs ménages affirment que le manque d’eau rend difficile le respect des mesures d’hygiène régulièrement recommandées par les autorités sanitaires.

« On nous demande de nous laver régulièrement les mains pour prévenir Ebola, mais trouver de l’eau demeure un véritable défi au quotidien », témoigne un habitant de Bankoko.

Pour de nombreuses familles, l’approvisionnement en eau nécessite de longues marches et de longues heures d’attente aux points de distribution. Cette réalité complique davantage l’application des gestes barrières.

« Dans une famille nombreuse, il est difficile de réserver plusieurs bidons uniquement au lavage des mains alors que l’eau est rare et coûteuse », explique une mère de famille rencontrée dans le quartier Bigo.

Face à cette situation, les populations plaident pour le développement et le renforcement des infrastructures d’approvisionnement en eau potable. Elles estiment qu’un accès régulier à l’eau constitue une condition essentielle pour améliorer l’hygiène communautaire et réduire les risques de propagation de l’épidémie.

À Bunia, le prix d’un bidon de 20 litres d’eau potable est actuellement fixé à environ 200 francs congolais dans la plupart des quartiers, une charge supplémentaire pour des ménages déjà confrontés à de nombreuses difficultés économiques.

Happy
Happy
0 %
Sad
Sad
0 %
Excited
Excited
0 %
Sleepy
Sleepy
0 %
Angry
Angry
0 %
Surprise
Surprise
0 %

Average Rating

5 Star
0%
4 Star
0%
3 Star
0%
2 Star
0%
1 Star
0%

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *