Dans les quartiers populaires de Ndendere à Bukavu et plusieurs entités de la ville d’Uvira, l’accès à l’eau potable est devenu un combat quotidien. Insécurité, maladies et scolarité sacrifiée : la REGIDESO peine à répondre, malgré des promesses de solutions techniques.

À Bukavu : des kilomètres pour un bidon d’eau
Depuis plusieurs semaines, les avenues Camp Snel, Muhungu, Bisizimana,Kaza-Roho, Mulengeza, Mushununu,etc dans les quartiers Ndendere et Panzi (commune d’Ibanda), sont plongées dans une crise hydrique sans précédent.
Les robinets sont secs, forçant femmes et enfants à devenir transporteurs d’eau. Colonnnes de bidons jaunes sur la tête, ils parcourent des kilomètres jusqu’à l’avenue Isgea ou les forages d’Irambo – souvent avant l’aube ou tard la nuit.
La société civile locale alerte sur les conséquences dévastatrices :
– Education en péril : les enfants manquent l’école ou arrivent épuisés, compromettant leur avenir;
– Insécurité nocturne : Femmes et filles s’exposent à des agressions lors de ces quests désespérées;
– Risques sanitaires : Sans eau traitée, choléra et fièvres typhoïdes menacent, les ménages se rabattant sur des sources douteuses.
La REGIDESO promet une issue : un nouveau captage sur le lac Kivu, près de la résidence du gouverneur, pour booster la pression hydraulique. « Les travaux avancent », assurent des sources internes. Mais en attendant, les habitants scrutent leurs robinets vides, craignant un mirage de plus.

À Uvira : pénurie aggravée par les coupures d’électricité
La situation est tout aussi critique à Uvira. Quartiers centraux et cité de Kagando sont irrégulièrement approvisionnés. Les ménages consomment de l’eau souillée, exposant la population à une explosion de maladies hydriques.
Fidèle Manunga, enseignant à l’ISTM d’Uvira, contacté par le média Kivutimes, tire la sonnette d’alarme :
« Fièvre typhoïde, choléra et infections sévissent. Une eau impropre tue en silence. une solution urgente s’impose ! »
Jean-Paul Ntabala, responsable REGIDESO Uvira, pointe du doigt la SNEL:
« Nous n’avons du courant que trois jours par semaine (mardi, vendredi, dimanche). Sans électricité, impossible de pomper l’eau. »
Il exhorte les usagers à payer leurs factures pour financer du carburant de secours.
Un cri régional pour une réponse durable
Ces crises à Bukavu et Uvira illustrent un mal endémique au Sud-Kivu : infrastructures défaillantes, conflits et manque d’énergie. La REGIDESO propose des pansements captages temporaires, eau pompée du lac mais la société civile exige plus : réhabilitation des réseaux, énergie fiable et implication des autorités provinciales.
Sans action rapide, la santé publique et le tissu social s’effritent. Les habitants ne demandent pas la lune : juste un verre d’eau propre.
Patrick Mapenzi
