
Le village d’Izimero, situé dans le groupement de Luhihi dans le territoire de Kabare (en province du Sud-Kivu, fait face à une grave pénurie d’eau potable qui menace la santé de dizaines de milliers d’habitants. La société civile locale tire la sonnette d’alarme et appelle à une intervention urgente des autorités et des partenaires humanitaires.
Selon Didier Ciza Bahongwa, président de la société civile de Luhihi, la situation est devenue critique, notamment dans les structures sanitaires.
« Les centres de santé du village d’Izimero sont les plus affectés. Les femmes qui accouchent doivent apporter de l’eau depuis leur domicile », déplore-t-il, soulignant que cette pratique expose la population à des maladies hydriques telles que le choléra, la typhoïde ou la diarrhée.
La crise découle de la dégradation avancée d’une conduite principale reliant le site de captage de Bukenge au village d’Izimero, sur une distance comprise entre 10 et 15 kilomètres. Avec le temps, des raccordements frauduleux et une mauvaise gestion ont fragilisé tout le réseau, réduisant considérablement le débit d’eau distribué aux ménages.
Dans le temps, l’organisation non gouvernementale TearFund avait dans le passé réhabilité certaines sources et installé des bornes fontaines, mais ces efforts sont aujourd’hui insuffisants face à la croissance démographique et au manque d’entretien des infrastructures. Les habitants se voient contraints de parcourir plusieurs kilomètres pour trouver de l’eau, souvent non potable.
« Nous demandons au gouvernement, aux autorités locales et aux organisations humanitaires de nous aider à réhabiliter les infrastructures existantes et à en construire de nouvelles », plaide Didier Ciza Bahongwa. La société civile prévient que sans intervention rapide, le territoire de Kabare pourrait être frappé par une crise sanitaire majeure.
Patrick Mapenzi
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